21 mai 2007
Obtenir un prêt lorsqu'on a une MICI, le parcours du combattant ?
C'est bien connu, plus t'as d'argent, plus de chance tu as que ta banque t'accorde un prêt. Et si, par chance, tu es en bonne santé, alors c'est que du bonheur !
Qu'en est-il lorsqu'on a une maladie à vie ?
Au mieux, tu obtiens un crédit avec une assurance plus chère que la normale, gonflant ainsi les intérêts. En plus, il te faudra remplir une dossier concernant ta santé... et le respect (secret) de la vie privée dans tout ça ?
Depuis cette année 2007, des négociations ont abouti à une convention, appelée AERAS :
« s'Assurer et Emprunter avec un Risque Aggravé de Santé », afin de faciliter l'accès au crédit.
En voici les grandes lignes :
- Les personnes qui ne peuvent pas souscrire une assurance aux conditions standard, pour des raisons de santé, sont concernées par cette convention.
- Vous trouverez les informations concernant cette convention sur le site Les Clefs de La Banque ou en appelant le 0821 221 021 3.
- Les informations concernant la santé sont confidentielles : le questionnaire que vous devrez remplir ne sera pas lu par votre banquier (sauf si vous souhaitez le faire en sa présence). Vous pourrez ensuite le transmettre vous même par voie postal, et seul le service médical de l'assurance en prendra alors connaissance.
- Pour un crédit à la consommation destiné à un achat précis (ex : une voiture), aucun questionnaire de santé ne vous sera donné et vous pourrez disposer d'une assurance décès (uniquement), mais à condition de remplir ces conditions :
- avoir moins de 50 ans
- rembourser le crédit en 4 ans maximum
- le montant total de tous vos crédits en cours ne doit pas dépasser 15 000 euros.
- Pour les prêts immobilier ou professionnel, selon votre état de santé, votre dossier pourra être examiné plusieurs fois, par un service médical spécialisé puis par des experts médicaux de l'assurance, sans aucune démarche de votre part. Ceci, afin de trouver un accord entre l'assurance et vous.
- Si le coût de l'assurance est trop élevée dans la cadre d'un prêt immobilier ou professionnel, sachez qu'il existe un plafonnement pour les revenus les plus modestes. Il est calculé selon votre revenu, le nombre de parts de votre foyer fiscal et le plafond de la Sécurité Sociale.
- Les assureurs vous proposeront une assurance invalidité si nécessaire (risque que votre santé se dégrade avec perte totale ou partielle de votre autonomie).
- Si le contrat d'assurance que vous propose votre banque ne vous satisfait pas, vous pouvez en proposer un autre que vous souscrirez auprès de l'assurance de votre choix, à condition d'avoir les mêmes garanties.
- Le délai de traitement des demandes de prêt s'élève à 5 semaines, dont
- trois semaines pour la réponse de l'assurance
- deux semaines pour la réponse de votre banque, après que vous ayez donné votre avis sur les conditions d'assurance proposées
- Si vous n'obtenez aucun accord d'assurance, votre banque essaiera de trouver une autre solution, comme la caution d'une personne solvable, l'hypothèque, etc ...
A télécharger : le mini-guide de la convention AREAS (n°25 de janvier 2007)
En cas de litige, s'adresser à :
Commission de médiation de la convention AERAS
61, rue Taitbout
75009 PARIS
19 avril 2007
Alors, ça gaze ?
Sujet tantôt hilarant, tantôt embarrassant... il n'en demeure pas moins qu'une personne atteinte d'une MICI « ne manque pas d'air » ! Un air froid, limpide, léger, passe-partout ? Que nenni ! Un air trop souvent chaud, brûlant, lourd, pesant, décapant, déroutant, malodorant, honteusement embarrassant...
Flatulence, gaz, pet... quelque soit le nom que l'on lui donne, il est pour nous un ennemi à combattre. Comment ?
- Se retenir en public ... pour mieux se délester en privé ! Séance de musculation anale recommandée...
- Ou tout simplement sortir, aller aux toilettes, lieux de toute sorte de déchargement. N'oubliez pas de ventiler pour le suivant...
- Faire comme si de rien n'était, à la limite accuser son voisin pour régler ses comptes. Cela ne dure qu'un temps...
Non, décidément, il est tant que le corps médical apporte son aide et son soutien.
Le savez-vous ?
Selon une estimation, une personne « normale » pète 14 fois par jour, soit environ 1 litre de gaz !
Il s'agit d'un phénomène naturel : les bactéries présentent dans le côlon digèrent certaines substances, c'est ce qu'on appelle la fermentation. Ces substances sont des hydrates de carbone (sucre, amidon, fibres). Sont alors produits des gaz, composés principalement d'hydrogène, de gaz carbonique et de méthane. Les mauvaises odeurs proviennent des gaz que sont le sulfure d'hydrogène, l'ammoniac, le scatole, l'indole et des acides gras.
Les gaz intestinaux se produisent entre 3 et 5 heures après le repas.
Parfois, ils peuvent être accompagnés de douleurs (ballonnements ou crampes)
Traitement et prévention
Voir rubrique « questions - réponses », article « Problème de gaz, que faire ? »
Source : Service Vie
13 décembre 2006
Ma famille, mes amis, mes amours et mes collègues
Lorsqu'on a une maladie handicapante, ce n'est pas facile de vivre avec, en société. Je voudrais témoigner ici de mon vécu d'adolescent et de jeune adulte en quête de soi.
Au niveau familial, je n'ai pas eu de difficultés particulières à vivre avec la RCH. J'ai eu des parents soucieux de mon bien être, respectant mes choix, parfois imposés par ma maladie. Ils m'ont accompagné du mieux qu'ils ont pu. Tout simplement en prenant les devants, en informant par exemple les enseignants si nécessaire, et toujours avec discrétion. En préparant à l'avance mes repas pour des sorties ou voyages. En nettoyant les WC plus que de coutume, et en achetant du papier toilettes à profusion !
Une chose importante à laquelle devrait penser tout parent, c'est d'essayer d'offrir à son enfant un cadre rassurant, quand bien même la maladie est source d'angoisse. Essayez d'offrir un cadre peu stressant. Pour cela, il vous faut bien évidemment gérer votre propre stress et surtout votre inquiétude pour votre enfant. Il n'a pas besoin que vous ayez peur pour lui. Seulement besoin de votre amour protecteur.
Adolescent, j'étais davantage casanier que les autres, moins enclin aux sorties nocturnes.
Le problème se posait donc pour développer des amitiés et faire mon éducation sentimentale ! Je rejoignais mes amis pour certaines sorties, déclinaient d'autres invitations avec le sentiment que quoique je puisse dire pour m'en expliquer, jamais ils ne comprendraient vraiment.
Fatigué par la maladie, le traitement et le régime, préférant jouer la carte de la prudence que de multiplier repas festifs et nuits interminables, j'angoissais à la fois à l'idée d'être incompris, mal aimé, délaissé, et à l'idée que ma santé dépendait aussi, pour beaucoup, de mes choix, de ces choix.
C'est avec mes amis les plus proches (on les compte généralement sur les doigts de la main) que j'ai passé les meilleurs moments. Bien sûr, ils ont pris connaissance de ma maladie, m'ont posé des questions. Ils ont eu certains égards, dont eux seuls pourraient témoigner.
Mais dans quelle mesure les ai-je peut-être parfois agacé, étonné, déçu, énervé... tout simplement parce que j'essayais de gérer ma vie de malade ? Il m'est impossible de le définir réellement. Mais c'est plus qu'un sentiment.
J'aimerais quand même dire deux choses, avec le recul, deux préceptes qui me guident :
- La santé, c'est crucial, vital ! Alors tant pis si par moment nos décisions sont incomprises.
- Il ne faut pas donner plus d'importance à la maladie qu'elle n'en a. Offrons nous de bons moments... en se rappelant tout de même que « la santé, c'est vital »...
Non, je ne suis pas schizophrène. J'ai appris à « doser », « composer », et finalement « maîtriser ». Avec quelques échecs, mais avec une vie satisfaisante à mon goût.
Je me suis peut-être refusé beaucoup de choses pendant longtemps, mais j'ai appris à savourer les quelques rares moments de plaisirs. La qualité prime sur la quantité, et ce n'est pas rien de le dire.
Après mes 18 ans, lancé dans les études, les problèmes restaient les mêmes. Soumis aux aléas d'une maladie décidément capricieuse, je composais tant bien que mal avec la réalité étudiante. Les études universitaires sont angoissantes pour qui s'inquiète de son devenir. Alors ça n'aide pas à réguler son transit intestinal ! Une petite crise par ci, une petite crise par là.
C'est, par hasard, à l'âge de 22 ans, que j'ai évoqué avec mes tripes et pour la première fois ma RCH. C'était une jeune femme avec laquelle je m'entendais bien. Nous discutions, et il y a eu un déclic. J'ai évoqué ma maladie, les longues années de galère, l'incertitude quant à l'avenir... j'en tremblais physiquement ! Il était évident qu'à ce moment là, je n'avais toujours pas accepté cette maladie, je ne m'étais pas accepté tel que j'étais.
Peu de temps après, une relation sentimentale qui dura plus d'un an m'obligea à m'ouvrir davantage, et obligea ma compagne à vivre avec moi et ma maladie. Un ménage à trois en somme ! Pas toujours évident, il est vrai. Il faut que l'autre l'accepte, sinon c'est une souffrance pour les deux.
Accepter la morosité des mauvais jours, le manque de vitalité, les craintes face à l'avenir... Mais il ne faut pas accepter la résignation ! Stimuler son partenaire pour l'amener à sortir de sa grotte, où il risque de broyer du noir à l'excès. Mais surtout ne pas l'accabler, ne surtout pas lui reprocher sa maladie.
Avec ma compagne actuelle, je découvris encore un peu plus ma crainte de ne pas être aimé à cause de ma maladie. Elle sut me rassurer...
Arrivé dans la vie active, devenu relativement confiant, j'étais décidé à ne plus me cacher. Finis les repas pris en cachette, les excuses bidon... je ne mange pas comme eux et ils le voient, je leur explique lorsqu'ils me le font remarquer. Sans détour. Sans raccourcis. Une sortie entre collègues de prévue ? Si je ne suis pas en forme, je ne me force pas pour sauver les apparences.
Tout n'est pas rôdé. Il y a toujours une situation imprévue. Mais quel soulagement de pouvoir dire oui et dire non sans détours, quel bonheur de pouvoir vivre avec ma maladie parmi les autres, sans dissimulation.
Rem'
Attention aux stratégies d'évitement à répétition !
La question de la vie sociale est cruciale. Tout être humain s'y confronte, qu'il soit malade ou non.
La vie sociale est liée à des sentiments d'appartenance, de reconnaissance, d'acceptation, pour faire court : à un certain amour propre.
On a tous besoin de se faire connaitre et reconnaitre tel que l'on est, de se faire aimer pour ce qu'on est, avec ses qualités et (ou en dépit de) ses défauts, de se faire aimer avec son propre état de santé, avec (ou en dépit de) sa maladie.
Et parce que nous connaissons bien l'impact de notre maladie au quotidien, nous craignons ne pas pouvoir être et faire comme les autres. Et c'est peut-être bien souvent le cas... C'est là que le bât blesse.
Il faut à la fois accepter et faire accepter aux autres notre maladie (ou plutôt ses conséquences).
S'accepter soi-même et se faire accepter tel que l'on est, avec notre RCH ou notre Crohn.
Je ne sais pas comment vous autres malades, vivez cela. Personnellement, même si aujourd'hui je me sens « intégré » dans la société, cela fut assez long et difficile. Et ce fut avant tout un travail sur moi-même. Et j'ai (trop?) souvent éviter telle ou telle situation, refuser telle ou telle invitation.
On développe tous des stratégies pour décliner une proposition, refuser une sortie, certes. Mais dans notre cas, cela pourrait devenir une habitude qui s'apparente à une fuite.
Il faut un jour ou l'autre se confronter à un repas chez des « étrangers » où il sera nécessaire de leur faire part de nos contraintes alimentaires... se confronter à un sortie où l'on sera contraint de demander au responsable du magasin de nous prêter ses toilettes, ou d'entrer dans un bar de toute urgence en demandant les WC, s'arrêter rapidement sur le bord de la route, etc... Il faut à un moment donné oser, ne pas avoir honte. Etre soi-même.
Confiance !
Et tant pis pour celles et ceux qui nous regardent de travers. Ils ont le droit de ne pas comprendre. Mais pas le droit de juger.
Rem'


